- Détails
- Clics : 5
Deuxième hebdobridge rédigé conjointement par nos deux arbitres officiels, Nestor Malotaux et Thierry Champagne.
Au bridge, la révélation prématurée d'une carte rompt le principe de l'information secrète. Le Code des Lois traite la situation différemment selon le moment de l'incident et l'identité du joueur fautif.
L'article complet et détaillé ici !
1. Avant la période des annonces : Cause extrinsèque (Loi 16)
Cette phase couvre toute carte exposée par un facteur purement extérieur (une carte tombée d'un étui voisin, carte trouvée sur le sol etc…). Il s’agit d’une information illicite et l'arbitre doit être appelé immédiatement. Si l'information est jugée trop importante pour que la donne soit jouée équitablement, l'arbitre peut annuler le jeu de la donne, en attribuant par exemple un score artificiel (ex : 60%/40%) ou en prenant toute autre décision comme stipulé dans la Loi 16.D.
2. Pendant la période des annonces : Faute d'un joueur (Loi 24)
Lorsqu'un joueur expose une ou plusieurs cartes de sa main (une carte tombe lorsqu’il les retire de l’étui ou qu’il les range dans sa main…) alors que les annonces ne sont pas terminées, la carte doit rester face visible sur la table jusqu’à la fin des annonces. Elle crée de plus une contrainte sur les enchères futures du camp fautif :
- Si c'est une carte basse (non-honneur) : il n’y a pas d’autre arbitrage.
- Si c'est un honneur ou plusieurs cartes : Le partenaire du fautif est réduit au silence (obligation de passer) pour le prochain tour.
- Enfin, cette carte devient une "carte pénalisée’ dès que le jeu commence si le camp fautif finit en défense.
3. Pendant le jeu : Le Déclarant (Loi 48)
Le déclarant bénéficie d'une indulgence particulière car il joue "à livre ouvert" avec le mort.
- Le principe : Une carte exposée par le déclarant n'est jamais une carte pénalisée. Il n’y a donc aucune sanction. Le déclarant peut reprendre sa carte sans conséquence. La loi considère qu'il ne peut pas se donner d'information à lui-même !
- Note : Si le déclarant expose sa main entière, cela est traité comme une revendication de plis (Loi 68), et le jeu s'arrête pour vérification.
4. Pendant le jeu : La Défense (Loi 49)
C'est le cas le plus grave, car l'information révélée aide le partenaire du fautif. La carte devient alors une carte pénalisée soumise aux dispositions de la Loi 50.
5. Dispositions concernant une carte pénalisée (Loi 50)
Carte pénalisée secondaire (carte < 10, tombée par erreur) : Elle reste sur la table. Le joueur ne peut pas jouer d'autre carte de la même couleur inférieure au 10, mais il n'y a pas de restriction d'entame pour le partenaire.
- Carte pénalisée principale (Honneur, carte jouée volontairement, deux cartes ou plus) : Le joueur doit jouer cette carte à la première occasion légale. De plus si le partenaire prend la main, le déclarant peut exiger ou interdire l'entame dans cette couleur. Si le déclarant exerce ce droit, la carte pénalisée est reprise en main et "effacée".
- Détails
- Clics : 1148
Publié tous les premiers vendredis du mois sur le site du Club de Bridge Saint Lambert
Série 157 à 208
Cliquez sur l'article que vous désirez consulter ...
- Détails
- Clics : 94
Cet hebdobridge, et quelques autres qui suivront ont été rédigés conjointement par nos deux arbitres officiels, Nestor Malotaux et Thierry Champagne.
L'entame hors tour survient lorsque le mauvais défenseur joue la première carte de la donne. C’est une irrégularité régie par la Loi 54 du règlement de bridge qui propose diverses solutions pour rétablir l'équité sans annuler la donne.
L'article complet et détaillé ici !
1. Le premier réflexe : Le gel du jeu
Dès qu'une carte est jouée hors tour (entame ici), le jeu doit s'arrêter immédiatement.
- Surtout, ne retournez pas sur la table votre propre jeu si vous êtes le mort présumé.
- Appelez l'arbitre. Lui seul peut décider de la suite des événements. Il examine si l’entameur a entamé de sa propre initiative et expose les différentes options selon que l’entame ait été faite face cachée ou face visible, chacune d’elles ayant des répercussions et conséquences stratégiques majeures.
2. Les options du déclarant : Le déclarant dispose de quatre options face à l'entame fautive :
- Interdire l'entame dans la couleur de la carte pénalisée.
- Exiger l'entame dans cette même couleur.
3. Les risques stratégiques
L'entame hors tour peut être une catastrophe pour la défense car elle livre deux informations :
- Le plan de flanc : En voyant l'entame, le déclarant peut deviner la stratégie que la défense comptait adopter..
- La nature d'un honneur : Le déclarant sait désormais où se trouve une carte clé si l’entameur avait entamé d’un honneur tête de série.
4. Conclusion : Entamez toujours face cachée.
Cela vous évitera les lourdes conséquences décrites ci-dessus.
- Détails
- Clics : 368
- Sud prend son jeu dans l'étui et, maladroitement, laisse tomber sur la table une carte, côté visible, et son partenaire la voit.
- Est, dans la Lune, entame alors que ce n'est pas à lui, mais à son partenaire à le faire.
- Sud ouvre 1 Sans-Atout et Ouest, qui regardait la table voisine, met son carton 1 Pique sur la table.
- A la quatrième levée, Nord qui est en main joue Coeur et Est, distrait, coupe, puis reprend sa carte en se rendant compte de son erreur et dépose un Coeur sur la table.
- La dernière levée étant consommée, les joueurs ne sont pas d'accord sur la résultat final mais arrivent entre eux, à un compromis.
Des situations, et bien d'autres de ce genre, se produisent régulièrement ... hélas bien trop souvent ... dans notre club de bridge.
Si vous jouez à la maison, par exemple en tournante, appliquez les règles que vous voulez ... mais pas au club !
Nous sommes réunis au club pour y jouer, et avant tout pour nous distraire, nous faire plaisir, passer un moment convivial avec les autres, etc...
Ceci ne doit pas nous empêcher de respecter le règlement du bridge qui, parfois, je vous l'accorde, semble un peu sévère dans les décisions à appliquer à la table, en fonction de la situation.
Et avant tout, rappelez-vous que l'arbitre, ce n'est pas vous, ni aucun des autres joueurs de votre table sauf ... à la table où joue l'arbitre !
Et donc, en cas de litige à votre table, quel qu'il soit, de grâce, appelez l'arbitre ou mieux, rendez-vous discrètement à sa table et demandez-lui de venir ... arbitrer à la vôtre (l'arbitre dans notre club est toujours assis en Nord à la table n° 1).
- Une carte de votre main, au début des enchères, tombe maladroitement sur la table : laissez la carte face visible sur la table, elle est pénalisée (loi 50). Vous n'y pouvez (presque) rien, mais vous avez donné involontairement un renseignement à votre partenaire. Lorsqu'arrivera le moment de jouer, vous devrez présenter cette carte à la première occasion "légale", sauf bien sûr si c'est votre ligne qui joue le contrat. Légale veut dire à l'entame, en attaquant, en fournissant, en défaussant ou en coupant. Certains ne comprennent pas le sens exact de ce "légal", le voici :
- A l'entame : vous devez entamer ? C'est la carte pénalisée qui est l'entame.
- En attaquant : vous avez la main sur une levée : vous devez jouer la carte pénalisée.
- En fournissant : on joue de la couleur de votre carte ? Vous devez la jouer.
- En défaussant : on joue d'une couleur que vous n'avez plus : jouez la carte pénalisée.
En coupant : on joue d'une couleur que vous n'avez plus et votre carte est un atout : vous devez la jouer.
- Est, dans la Lune, entame alors que c'est à son partenaire à le faire : plusieurs cas de figures sont à considérer, disons pour l'exemple que le mort ne s'est pas étalé. Alors le déclarant peut accepter l'entame, et il devient le mort, ou la refuser et la carte entamée reste sur la table et est pénalisée (voir plus haut). Le déclarant peut exiger à l'entameur (le vrai) qu'il entame dans la couleur de la carte pénalisée, le lui interdire ou le laisser agir comme il veut (lois 54 et 50.D).
- Sud ouvre 1 Sans-Atout et Ouest met son carton 1 Pique sur la table : l'enchère est insuffisante et la loi 27 s'applique. L'enchère peut être acceptée par l'adverse gauche du fautif. D'ailleurs s'il enchérit sans rien dire, c'est qu'il l'accepte. S'il refuse ça se complique et donc ... vous appelez l'arbitre !
- Un adversaire coupe, mais se rend directement compte qu'il avait de la couleur jouée, et remplace sa carte d'atout par une carte de la couleur en question : la levée n'est pas consommée, comme on dit et donc pas de souci, mais sa carte d'atout indûment montrée devient un carte pénalisée. Il en serait tout autrement si la levée avait été consommée.
- Désaccord sur le résultat final : appelez l'arbitre de ce pas et laissez vos cartes sur la table sans les ramasser. On a déjà entendu, à la suite d'un tel désaccord : "encode ce que tu veux, on s'en fout" (sic !). Peut-être que vous vous en foutez, mais ce n'est certainement pas le cas des joueurs des autres tables et ce n'est pas fair-play de fausser ainsi les résultats. Une fois de plus, on n'est pas à la maison où, d'ailleurs, j'imagine que ce n'est pas un tournoi que vous jouez, mais en partie "libre".
Le règlement international de bridge n'est pas là pour vous enquiquiner. Il est là pour corriger, autant que faire se peut, des irrégularités qui seraient dommageables aux adversaires du fautif, ou profiteraient, sûrement de façon non intentionnelle, à la paire fautive.
- Détails
- Clics : 131
Grande nouvelle dans notre club : Nestor Malotaux, qui a récemment suivi le cours d'arbitrage, a réussi l'examen.
Quand je lui ai demandé : donc maintenant, Nestor, c'est toi qui va arbitrer nos tournois, il m'a répondu : que nenni, ce n'était pas le but. Et je le savais !
Nestor nous (comité) avait en effet expliqué qu'il voulait juste se prouver qu'il pouvait encore, à son âge canonique, réussir un examen, quel qu'il soit !