Deuxième hebdobridge rédigé conjointement par nos deux arbitres officiels, Nestor Malotaux et Thierry Champagne.
Au bridge, la révélation prématurée d'une carte rompt le principe de l'information secrète. Le Code des Lois traite la situation différemment selon le moment de l'incident et l'identité du joueur fautif.
L'article complet et détaillé ici !
1. Avant la période des annonces : Cause extrinsèque (Loi 16)
Cette phase couvre toute carte exposée par un facteur purement extérieur (une carte tombée d'un étui voisin, carte trouvée sur le sol etc…). Il s’agit d’une information illicite et l'arbitre doit être appelé immédiatement. Si l'information est jugée trop importante pour que la donne soit jouée équitablement, l'arbitre peut annuler le jeu de la donne, en attribuant par exemple un score artificiel (ex : 60%/40%) ou en prenant toute autre décision comme stipulé dans la Loi 16.D.
2. Pendant la période des annonces : Faute d'un joueur (Loi 24)
Lorsqu'un joueur expose une ou plusieurs cartes de sa main (une carte tombe lorsqu’il les retire de l’étui ou qu’il les range dans sa main…) alors que les annonces ne sont pas terminées, la carte doit rester face visible sur la table jusqu’à la fin des annonces. Elle crée de plus une contrainte sur les enchères futures du camp fautif :
- Si c'est une carte basse (non-honneur) : il n’y a pas d’autre arbitrage.
- Si c'est un honneur ou plusieurs cartes : Le partenaire du fautif est réduit au silence (obligation de passer) pour le prochain tour.
- Enfin, cette carte devient une "carte pénalisée’ dès que le jeu commence si le camp fautif finit en défense.
3. Pendant le jeu : Le Déclarant (Loi 48)
Le déclarant bénéficie d'une indulgence particulière car il joue "à livre ouvert" avec le mort.
- Le principe : Une carte exposée par le déclarant n'est jamais une carte pénalisée. Il n’y a donc aucune sanction. Le déclarant peut reprendre sa carte sans conséquence. La loi considère qu'il ne peut pas se donner d'information à lui-même !
- Note : Si le déclarant expose sa main entière, cela est traité comme une revendication de plis (Loi 68), et le jeu s'arrête pour vérification.
4. Pendant le jeu : La Défense (Loi 49)
C'est le cas le plus grave, car l'information révélée aide le partenaire du fautif. La carte devient alors une carte pénalisée soumise aux dispositions de la Loi 50.
5. Dispositions concernant une carte pénalisée (Loi 50)
Carte pénalisée secondaire (carte < 10, tombée par erreur) : Elle reste sur la table. Le joueur ne peut pas jouer d'autre carte de la même couleur inférieure au 10, mais il n'y a pas de restriction d'entame pour le partenaire.
- Carte pénalisée principale (Honneur, carte jouée volontairement, deux cartes ou plus) : Le joueur doit jouer cette carte à la première occasion légale. De plus si le partenaire prend la main, le déclarant peut exiger ou interdire l'entame dans cette couleur. Si le déclarant exerce ce droit, la carte pénalisée est reprise en main et "effacée".